Presse

JazzTimes – Octobre 2013

Philly-based vocalist Denise King was doing just fine with her late-blooming career as a lush, soulful interpreter of standards. Then she met French pianist-arranger-composer Olivier Hutman. They initially teamed a dozen years ago in Paris, but it was their delayed reunion in late 2009 that proved the catalyst for King’s advancement to a richer, more rewarding level of artistry. After a couple of European tours, King and Hutman united with bassist Daryl Hall, drummer Steve Williams and saxophonist Olivier Temime to record No Tricks. Under Hutman’s influence, King was transformed, unleashing a looser, more multifaceted sound that suggests Tina Turner by way of Cassandra Wilson, with a hint of smooth Sade sophistication.

Working with the same stellar lineup augmented by trumpeter Stéphane Belmondo, King outdoes herself with Give Me the High Sign. Again there are several stunning standards, including exceptional renditions of “I Only Have Eyes for You,” “Blame It on My Youth” and “Day Dream,” and an understatedly powerful reading of Gil Scott-Heron’s “Save the Children.” More interesting, though, is the potpourri of Hutman compositions, three featuring King lyrics. Venturing from the layered bleakness of “I Lost My Way,” bruised wisdom of “Mellow Mellow” and sassy kiss-off of “Don’t Overact” to the tally of social ills that is “What Did They Say Today?,” King brings her Hutman-ignited sea change to magnificent fruition.

Christopher Loudon (JazzTimes, October 2013)

Source article

Article de Jacques Chesnel – Culture Jazz, Mars 2008

Olivier Hutman – Suite Mangrove (Nocturne NTCD4503)

Olivier Hutman (piano et composition), Jacques Schwarz-Bart (saxophone ténor, flûte), Salvatore La Rocca (contrebasse), Hans Van Ooserhout (batterie)

1. Status Island – 2. A Hole in the Earth – 3. The Path That Was Always
4. Intro Chain of Souls – 5. Chain of Souls – 6. July Tide 7. The Cliffs

Enregistré en octobre 2006

Olivier Hutman fait partie du peloton de tête des meilleurs pianistes français. Très connu dans le monde du jazz, respecté par ses pairs, il a d’abord accompagné les musiciens dits de passage (notamment Pepper Adams, Art Farmer, Dee Dee Bridgewater…), obtint en 1984 à trente ans le prix Boris Vian décerné par l’Académie du Jazz pour son premier disque en qualité de leader ; il joua aux côtés de Christian Escoudé, Eric Le Lann, Barney Wilen, a composé pour le cinéma ; en 2004, il est membre régulier du groupe du batteur Steve Williams (l’accompagnateur de Shirley Horn) et en 2005 il devient le pianiste et directeur musical de la chanteuse Anne Ducros.

Pour un neuvième disque sous sa responsabilité, il a choisi un saxophoniste et pas n’importe qui puisqu’il s’agit de celui dont on parle aussi bien à New York qu’à Paris, le guadeloupéen Jacques Schwartz-Bart, fils d’écrivains renommés, dont son disque Soné Ka-La, réunion du jazz et du gwoka la musique traditionnelle de l’île et une rythmique composée de musiciens originaires de l’Europe du Nord franco-flamande ; ce disque résultant d’une commande du festival de La Rochelle Jazz entre les deux tours en 2006 avec comme thème celui de la francophonie.

Dès le début du disque le groove s’installe et durera tout au long : diversité des rythmes, couleurs instrumentales, composantes harmoniques, l’opulence des accords du pianiste (qui fait penser à une adjonction Horace Silver – McCoy Tyner, son solo dans Chain of Souls), le phrasé à la fois mélodieux et vigoureux du saxophoniste utilisant le registre aigu de son instrument de magistrale et étonnante façon, une rythmique idyllique, bref tous les ingrédients pour faire du JAZZ sans présomption, fioriture ou complaisance, ancré dans la tradition et la modernité au swing intense, créatif, énergique, roboratif, parfaitement résumé par cet déclaration du leader : le titre du projet s’est imposé dès le départ, les mangroves (forêt de palétuviers, note dlr) reliant naturellement les continents les uns aux autres, elles sont un symbole fort de ce qu’est la musique de jazz à mes yeux (mélange d’influences, brassage et choc de cultures.

Une réussite, totale.

Jacques Chesnel (Culture Jazz, mars 2008)

Article de Julien Lefèvre – Citizen Jazz, Avril 2008

Olivier Hutman Quartet
Suite Mangrove
Jacques Schwarz-Bart (ts, fl), Olivier Hutman (p), Salvatore La Rocca (b), Hans Van Oosterhout (dm)
[Nocturne]

Avant toute chose il convient de mettre en garde le lecteur aigri : il est difficile de vouloir ne pas aimer ce disque. Et pourtant, cet objet musical présente a priori toutes les caractéristiques du « projet » (terme devenu incontournable pour désigner la dernière œuvre en date de tel ou tel artiste) lambda, terne et uniquement destiné à promouvoir une tournée alimentaire au pays de la culture déclinante (et on n’accusera pas les musiciens, loin s’en faut). Pochette assez quelconque, pianiste leader un peu obscur…

Mais trêve de morosité, cette Suite groove et ne fait pas dans le jazz de marigot. Car si la mangrove peut évoquer quelque contrée humide et peuplée de sauriens monstrueux, elle présente aussi un enchevêtrement typique de vie végétale et animale, racines jazzy ou calypso par-ci, entrelacs des lignes chromatiques de Jacques Schwartz-Bart par-là. Surtout, donc, ce disque respire la vie – et une musique qui semble inondée de soleil tropical. Tu es encore aigri, cher lecteur, après le sautillant « Chain of Souls » ? As-tu résisté à la danse virevoltante de « The Path That Was Always », morceau rollinsien en diable ?

Oh certes, cette Suite Mangrove ne cultive pas non plus à l’excès une forme d’hédonisme béat qui en deviendrait sans doute agaçant. On apprécie en effet la diversité des formes rencontrées, avec par exemple le swing moins figuratif de « The Cliffs », mais aussi des ambiances moins « ensoleillées », élégiaques (« A Hole in the Earth ») voire franchement menaçantes. A vrai dires les roulements rythmiques de « Status Island » figureraient presque un cyclone qui s’avance, et les larges accords « mccoytyneriens » d’Olivier Hutman le vent qui courbe les arbres côtiers.

C’est enfin « July Tide », climax parfaitement dosé mais qui suggère aussi une autre orientation à la musique de ce quartet. Emmenés par une rythmique très coltranienne, les longs chorus modaux de Schwartz-Bart et Hutman propulsent l’auditeur dans une sorte d’abstraction que n’aurait pas reniée le chaman génial de « My Favorite Things ». Il convient aussi de signaler à quel point Salvatore La Rocca et Hans Van Oosterhout participent ici au caractère tourbillonnant et mouvant de la musique. Ce dernier, en particulier, se joue de la métrique impaire à travers des breaks totalement suspendus, héritiers des vagues d’Elvin Jones.

Malgré un certain classicisme, Suite Mangrove offre une démonstration musicale parfaite, tant au niveau des compositions limpides de Hutman que des performances des solistes et d’une section rythmique inspirée. L’omniprésence de Schwartz-Bart n’est jamais gênante et confère à ce disque une parenté certaine avec The Rise de Julien Lourau. Quelques aspects commerciaux en moins…

Julien Lefèvre – Citizen Jazz, Avril 2008

Depuis le début de sa carrière en 1975, le pianiste Olivier Hutman a beaucoup joué pour les autres et parfois pour lui, ce qui lui a toujours réussi.

C’est encore vrai avec Suite Mangrove, son nouvel album qui paraît demain.

Un disque pour lequel Olivier Hutman a réuni des musiciens de choix, le saxophoniste Jacques Schwarz-Bart, le contrebassiste Sal la Rocca et le batteur Hans van Oosterhout, trois musiciens avec lesquels le pianiste partage une profonde complicité musicale, cela s’entend.

Olivier Hutman a d’ailleurs choisi de privilégier le jeu collectif qui est placé ici sous le signe de l’énergie et du swing.
Avec cet album enthousiasmant dont il signe tous les thèmes, Olivier Hutman prouve une fois encore qu’il est beaucoup plus qu’un super-sideman.

Olivier Hutman jouera avec son quartet à Paris les 21, 22 et 23 mars au Sunset.

Anne CHEPEAU – France-Info – 2 mars 2008